Vins de balcons et vinifications

Posted on | juin 22, 2011 | No Comments

Vous avez certainement vu ces derniers temps un phénomène de plus en plus à la mode que l’on qualifie de vin de balcons. Des vins issus de raisins cultivés sur des balcons. En Angleterre, ce phénomène a pris de l’importance au point qu’une association coopérative londonienne s’est créée pour vinifier quelques hectolitres de vin, à base de Chardonnay, de Pinot noir, de Muscat, ou encore de Rondo, de Solaris et de Phoenix.
Plusieurs dizaines de londoniens sont devenus coopérateurs et confient chaque automne leurs récoltes à Richard Sharp qui s’occupe de vinifier en vue d’obtenir un rosé de Londres (Urban Wine) vendu 10 euros la bouteille.

En réalité on peut se demander pourquoi il y a un tel engouement autour du vin…  Ce n’est que du jus de raisin alcoolisé. Considérons ceci comme acquis et imaginons alors que tout le monde est capable de faire sa propre cuvée. Il suffirait alors de vendanger les raisins des vignes de son balcon, de les mettre dans un bidon, de les écraser. Et grâce aux levures présentes naturellement sur les raisins, la fermentation débutera transformant ainsi les sucres en alcool.
Lorsque nous avons dit ceci, nous avons tout dit. Vous pouvez d’ailleurs vous essayer à la vinification dès l’automne prochain en laissant quelques baies de raisins fermenter dans un verre…

Ok, il en faut d’avantage pour réaliser le grand cru que vous rêvez d’acquérir…
Mais pour ainsi dire, c’est là l’essentiel! Je vais cependant essayer de vous guider à travers les étapes de la vinification.
Attachons-nous pour cet article aux raisins blancs. Nous reviendrons sur les raisins rouges plus tard.

Alors nous en étions au moment où le viticulteur vendange ses parcelles de vignes lorsque les raisins sont bien mûrs.
Le vigneron peut décider de retirer les baies de la grappe au cours de l’opération que l’on nomme erraflage. Cette opération élimine les rafles et autres déchets verts pour ne laisser passer que les baies.
Avec ou sans les rafles, le raisin est envoyé dans le pressoir, afin de séparer cette fois-ci le jus des matières solides. En général, on compte un rendement de l’ordre de 0,75 litres de jus par kilos de raisins pressés.

S’ensuit une étape de décantation, appelée débourbage, qui permet de se débarrasser de toutes les petites particules grossières encore présentes dans le vin.
Le vin ainsi éclairci entame alors son processus de fermentation. Le viticulteur peut choisir d’ajouter des levures sélectionnées (qui n’en restent pas moins naturelles) ou de laisser faire les levures initialement présentes sur le raisin.
Les levures, à la manière d’un petit pac man, vont manger le sucre et recracher de l’alcool et du CO2. Le CO2 va sortir du liquide en faisant de petites bulles, ce qui fait pétiller le jus de raisin en fermentation.
Si les levure consomment l’intégralité du sucre présent dans le milieu, alors vous obtenez du vin sec.

Pour harmoniser le vin nouveau et intégrer ses arômes, il sera élevé en fût de chêne ou en cuve inerte. Ce processus d’élevage durera de quelques mois à plusieurs années dans certain cas.

Bonne journée

Paul, l’Oenologue Français

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